LA
LOCALISATION DE NYSSE EN CAPPADOCE
La ville de Nysse, dont Grégoire a
été l'évêque, n'existe plus aujourd'hui.
Les archéologues spécialisés dans l'étude
de l'empire byzantin ont retrouvé des vestiges de
Nysse sur deux collines appelées Büyükkale
Tepe et Küçükkale Tepe et situées
à deux kilomètres au nord du village d'Harmandali,
dans la Turquie actuelle.
Il ne faut pas confondre Nysse en Cappadoce
avec son homonyme, une autre ville antique d'Asie mineure
(appelée Nyssa en latin) située près
d'Ephèse, à côté du village de
Sultanhisar. On trouve sur ce site d'importantes ruines
de monuments romains que visitent aujourd'hui les touristes.
Mais ce n'est pas la ville de Grégoire qui, elle,
se trouve dans la partie ouest de la Cappadoce entre le
lac Tüz et le fleuve Kizil Irmak.
Bibliographie :
Pour plus de précision sur l'histoire
de Nysse et sa localisation, on pourra consulter les articles
et ouvrages suivants :
En français :
MARAVAL, Pierre "Nysse en Cappadoce",
Revue d'Histoire et de Philosophie Religieuses, n° 55,
1975, P 237-247
En allemand :
RESTLE, Marcell Studien zur frühbyzantinischen
Architektur Kappadokiens, Vienne 1979
HILD, Friedrich et RESTLE, Marcell, Tabula
Imperii Byzantini, II. Kappadokien, Vienne 1981
(ouvrage consultable dans les bibliothèques universitaires
de la Sorbonne et de Toulouse 2)
Extraits de cet ouvrage : 
La ville de Nysse et ses vestiges (traduction Catherine de Rivaz)
Nysse, en Turquie, aujourd'hui Büyükkale et Küçükkale Tepe,
à un km au nord de Harmandali, 28 km au sud-ouest de Kirsehir (Aquae Saravenae) ;
on peut déduire sans équivoque la situation de Nysse des indications de distance
fournies dans Itinerarium Antonini, qui se rapportent à l'ancienne colonie située
au nord d'Harmandali.
Historique. La ville de Nysse, attestée seulement une fois dans
l'Antiquité comme ville de la Strategia Murimène cappadocienne, n'a gagné en importance
apparemment que dans l'Antiquité tardive en tant qu'évêché de Cappadoce I. Le premier
évêque connu est Grégoire de Nysse, installé contre sa volonté par son frère Basile de
Césarée en 372 et qui fut destitué en 376 au cours d'un synode d'inspiration arienne tenu
à Nysse parce qu'il aurait dilapidé les biens de l'Eglise, mais qui cependant put retourner
à Nysse après la mort de l'empereur arien Valens en 378. En 381 il prit part au 2ème concile
oecuménique à Constantinople. En 394 il représente Nysse au synode de Gabadius à Constantinople.
Nysse est citée dans les Notitiae Episcopatuum sans interruption du 7e au 13e siècle. Au
début du 6eme siècle, l'évêché est entre les mains de l'évêque monophysite Asterios. Plusieurs
évêques sont attestés par des sceaux. En 838, le général arabe Asinas envahit la ville de Nisia
qui était déjà en ruine et détruisit ses fortifications. Vers 1300, dans le récit du martyre du
néomartyr Nikétas le Jeune, on évoque Nysse placée sous un commandant en chef turc (Archon).
Enfin Nysse est citée en 1370, lorsque son évêque Ioannikios devient Métropolite de Mokissos.
Archéologie. Une enceinte trapézoïdale entourant trois collines, qui
étaient en partie incluses dans la fortification, se dessine grâce à des murs de déblais
encore sur le terrain ; elle englobait une surface d'environ 125 000 m2. Au nord, à l'est
et au sud on peut reconnaître trois portes. L'ancienne voie d'accès venant du nord et en
direction de la porte nord et de la plus grande des collines est lisible par la délimitation
des champs. Le chemin partant du village d'Harmandali mène à la porte sud. Le centre de la
ville se trouvait par conséquent au pied ouest de la "Grande Colline" (Büyükkale Tepe),
dont les pentes sont parsemées de tessons datant des temps préhistoriques et qui donc est à
considérer comme la colline de la première installation - Le célèbre octogone de Grégoire de
Nysse possédait quatre bras en croix dans les directions principales et quatre exèdres dans
les diagonales.
Date de
création : 25/04/02 - date de mise à jour :
12/05/04
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